L’art colonial

Les anges sont l'un des sujets les plus caractéristiques de la peinture vice-royale en Amérique. Leur originalité vient de l'iconographie et de l'excellence de leur réalisation, qui contrastent avec les versions européennes. Dans la peinture occidentale, l'origine du thème des anges remonte aux premiers siècles du christianisme. Au Moyen-Âge , les anges n'étaient pas représentés de façon isolée, à l'exception de quelques œuvres comme Saint Michel Archange, que l'on trouve en juge des âmes dans la peinture flamande, italienne et espagnole. C'est à la Renaissance que les anges commencent à être peints individuellement, pratique qui se répand à l'époque baroque.

Les peintures de la Vice-Royauté du Pérou représentent des anges portant des attributs relevant de différentes hiérarchies. C'est ainsi que l'ange tenant une flamme à la main peut être un séraphin, celui qui porte sceptre et couronne une puissance, ou ceux qui sont couronnés de roses et portent les symboles de la Passion, des vertus. Lorsque les anges portent les symboles de la Vierge, il s'agit d'une innovation baroque et, de même qu'il existe des anges représentés avec les symboles de la Passion, d'autres ont été créés avec les symboles des litanies, notamment dans le monde hispanique où commença le dogme de l'Immaculée Conception.

La plus ancienne information dont nous disposons sur les séries d'anges est un contrat signé par le peintre de Cuzco Basilio de Santa Cruz, en 1661, dans lequel ce dernier s'engage à réaliser douze anges et douze vierges ; on voit là que l'habitude espagnole de mêler des séries d'êtres célestes et de saints, comme à Séville, s'était répandue au Pérou. Les séries de Calamarca, Peñas et Jesùs de Machaca (département de La Paz), Yarvicolla et Sora-Sora (Oruro) et de l'église de Saint Martin à Potosí, toutes en Bolivie, figurent parmi les plus importantes.

Le Concile de 745, à Rome, et celui de 789, à Aix-la-Chapelle, rejetèrent l'usage des noms des anges, à l'exception de ceux qui sont cités dans la Bible : Michel, Gabriel et Raphaël. Les églises grecques et coptes révèrent toutefois aussi Uriel. Les autres noms qui figurent dans les séries andines viennent d'autres sources.

(Extraits du texte "Anges et archanges" de José de Mesa et Teresa Gisbert, publié dans le catalogue de l'exposition)

Les styles de la peinture coloniale en Bolivie

Le maniérisme

Le baroque

L'école de Potosí

L'école de Collao

La peinture populaire

Le style néo-classique

Techniques de la peinture coloniale

Les Anges de Calamarca